Bibliothèque numérique de textes originaux

 

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Intégration mécanique

 

Dossiers réalisés par l'équipe autour de textes originaux

Vincenzo Riccati et l'intégration tractionnelle

Un cours inédit professé par Poncelet à la Sorbonne

De Pouchet à Ocagne : évolution des abaques

Planimètres et intégraphes en Angleterre

Des machines pour résoudre les équations différentielles

Un cours inédit de calcul graphique de Cholesky

Un cours inédit professé par Poncelet à la Sorbonne

Konstantinos Chatzis

« Malheureusement, ou heureusement peut-être, les marques honorables d'intérêt que m'avaient values quelques travaux et inventions se rattachant à l'art de l'ingénieur, de la part de MM. les Inspecteurs généraux de l'Artillerie et du Génie, Valé, Baudrand, ainsi que de M. Arago, examinateur de l'École d'application de Metz, firent qu'on me proposa, en 1823 et 1824, de créer à cette école un Cours sur la science des machines, que la récente introduction de l'industrie anglaise en France y faisait vivement désirer. Ce fut sinon avec répugnance, du moins avec un vif sentiment de regret, que je consentis enfin, en 1825 [sic], à accepter cette tâche laborieuse à laquelle je n'étais nullement préparé, et qui allait, en me privant de tout loisir, ajourner indéfiniment la publication des travaux géométriques qui devait faire suite au premier volume du Traité des Propriétés projectives des figures (...). »

À en croire ses dires, Poncelet a épousé la mécanique contraint et forcé. Rares sont, dans l'histoire, les exemples d'une violence aussi productive et bénéfique pour le développement de la science. Les quarante ans qui séparent la nomination de Poncelet au poste de professeur du Cours de mécanique appliquée aux machines à l'École d'application de l'artillerie et du génie, véritable départ de sa carrière de mécanicien, de la rédaction de ce passage plein de regrets vont, en effet, consacrer l'auteur comme l'un des plus grands mécaniciens de son époque. Celle-ci apparaît pourtant comme une moisson exceptionnelle, si on se rappelle les noms de S.-D. Poisson (1781-1840), C.-L.-M.-H. Navier (1785-1836), G.-G. de Coriolis (1792-1843), A.-L. Cauchy (1789-1857), G. Lamé (1795-1870), A. Barré de Saint-Venant (1797-1886)...

Surnommé le « Newton de la mécanique appliquée », Poncelet n'en reste pas moins un auteur dont l'oeuvre en mécanique, unanimement appréciée, n'a toujours pas suscité le volume d'études historiques qu'elle mérite. Le présent travail n'est autre chose qu'une invitation à la (ré)découverte de ce « vénérable Nestor de la mécanique appliquée », pour employer l'expression d'un autre célèbre mécanicien, situé de l'autre coté du Rhin cette fois, F. Reuleaux. À cet effet, nous présentons ici un cours que Poncelet a professé à la Sorbonne dans les années 1840. Plusieurs mécaniciens de l'époque s'y réfèrent, l'utilisent et parfois même en reproduisent des extraits. Pourtant, il est resté inédit. L'auteur l'a laissé sous forme d'un manuscrit presque définitif, conservé par la Bibliothèque de l'École polytechnique, que nous désignerons comme Cours 1840-1841.

N.B. Ce dossier reprend certains éléments de l'article suivant, auquel on pourra se reporter pour des informations complémentaires : Chatzis, Konstantinos, Jean-Victor Poncelet (1788-1867) ou le Newton de la mécanique appliquée. Quelques réflexions à l'occasion de son cours inédit à la Sorbonne, Sabix, 19 (1998), 69-97.