Pour la suite de cette présentation, il peut être utile de se rappeler de la présentation axiomatique de Hilbert telle qu'elle apparaît dans ses Fondements à partir de la 7e édition. Nous la rappelons ici avec quelques commentaires de Paul Rossier, auteur de l'édition critique qui fait référence. Les axiomes suivants sont accompagnés au fur et à mesure de leurs énoncés des définitions qu'ils permettent (demi-droite, segment ...) Les axiomes d'incidence : les 8 axiomes d'Hilbert peuvent se résumer aux 5 suivants I.1. Deux points distincts sont sur une et une seule droite.
I.2. Sur une droite, il y a au moins deux points. Il existe au moins trois points non alignés.
I.3. Trois points non alignés sont sur un et un seul plan.
I.4. Si deux points d'une droite sont sur un plan, tous les points de la droite sont sur ce plan.
I.5. Il existe au moins quatre points non coplanaires. Si deux plans ont un point commun, ils en ont au moins un autre.
On note (AB) l'unique droite passant par A et B.
Les axiomes d'ordre II.1. Si un point B est entre un point A et un point C, les points A, B, C sont sur une droite et B est aussi entre C et A.
II.2. Étant donnés deux points A et C, il existe au moins un point B sur la droite (AC) qui soit entre A et C.
II.3. De trois points d'une droite, il n'y a pas plus d'un qui soit entre les deux autres.
II.4. Si une droite du plan d'un triangle ne passe par aucun des sommets et rencontre un des côtés, alors elle rencontre l'un des deux autres côtés (axiome de Pasch).
Les axiomes de congruence Les axiomes de ce groupe définissent la notion de congruence et, par là, celle de déplacement. Définition : Entre les segments, il existe certaines relations exprimées par les mots congruent ou égal. III.1. Sur une droite donnée et d'un côté d'un point A donné, il existe un point B tel que le segment AB soit congruent à un segment donné.
III.2. Si deux segments sont congruents à un même troisième, ils sont congruents entre eux.
III.3. Si B est entre A et C, si B' est entre A' et C', si AB et A'B' sont congruents et si BC et B'C' sont congruents, alors AC et A'C' sont congruents.
Le premier axiome introduit la possibilité de report d'un segment (l'unicité de B sera montrée), le deuxième aboutit à ce que la congruence des segments soit une relation d'équivalence et le troisième à la possibilité d'additionner les segmets. Le report d'angles se traite de la même façon. Toutefois, l'unicité de l'angle doit être demandée axiomatiquement, alors qu'elle est démontrée pour les segments, justement par les angles, comme première conséquence de III.4 et III.5 ci-dessous. Par leur définition, les angles sont non concaves et non plats III.4. Dans un plan donné, et d'un côté d'une demi-droite h donnée, il existe une unique demi-droite k telle que l'angle (h, k) soit congruent à un angle donné.
III.5. Si dans deux triangles ABC et A'B'C', on a les congruences entre les segments AB et A'B', entre les segments AC et A'C' et entre les angles BAC et B'A'C', alors on a aussi la congruence entre les angles ABC et A'B'C'.
Hilbert reprend l'exposé d'Euclide : il définit alors l'angle supplémentaire et l'angle droit comme égal à son supplémentaire. Il montre l'existence des angles droits et leur congruence, (comme Proclus), ainsi que les trois cas d'égalité des triangles. Les derniers théorèmes avant l'axiome des parallèles portent sur la possibilité de bissecter un segment et un angle (avant d'étendre la notion de congruence aux figures planes ou de l'espace). L'axiome des parallèles Définition : deux droites coplanaires qui ne se coupent pas sont dites parallèles. IV. Par un point A extérieur à une droite d, dans le plan déterminé par A et d, il passe au plus une parallèle à d.
Les axiomes de continuité V.1. Si AB et CD sont deux segments quelconques, il existe un nombre entier n tel que le report du segment CD répété n fois à partir de A sur la demi-droite déterminée par B conduise à un point situé au delà de B.
V.2. L'ensemble des points d'une droite n'est susceptible d'aucune extension dans laquelle soient encore valables les axiomes (II, 1 à 3), (III, 1 à 3) et (V, 1).
Hilbert construit alors une théorie des proportions avec le calcul segmentaire dans laquelle, à partir des théorèmes de Pascal (Pappus affine) et de Desargues, il construit le corps de nombres qui est bien celui que l'on veut grâce aux axiomes de continuité, le second (V.2) assurant la biunivocité de la correspondance entre les points d'une droite et les nombres réels. |