J'aime la plus belle des lumiÞres,
chaude,
jaune,
celle qui apparaît quelquefois l'après-midi sur le mur d'une chambre face au sud.
C'est en elle que je voudrais habiter,
pendant des jours,
des mois,
des années.
Souple,
tiède,
vivante,
douce,
jaune comme la paille,
jaune comme la flamme des allumettes,
elle entre par la fenêtre ouverte sans que je sache d'où elle vient,
de quels sables,
de quels champs de maïs
ou de blé mur.
Elle entre,
pareille à une chevelure de femme,
elle se met à bouger entre les murs de la chambre,
d'un mouvement continu
qui emplit de bonheur,
d'un seul long mouvement
qui se déploie
et rebondit sans cesse,
la belle lumiÞre chaude, la lumiÞred'été.
Je la sens venir,
elle m'enveloppe comme l'air,
mais sans rien qui trouble
ou attouche,
elle regarde chaque parcelle de ma peau,
elle me baigne
et m'éclaire.
Aucune lumiÞre ne sait faire cela comme elle.
Elle,
elle est venue de tous les points de l'espace,
poudre des soleils et des étoiles,
parfum des astres.
LumiÞre du tabac et des genêts,
lumiÞre du cuir,
lumiÞre de la bière,
lumiÞre des fleurs,
lumiÞre de la peau blonde et claire,
elle supporte tout cela avec elle,
comme une rivière qui coulerait sur elle-même.
On n'entend pas son bruit.
C'est à l'intérieur des oreilles
qu'elle murmure son chant,
c'est à l'intérieur du ventre
qu'elle fait tourner sa ronde.
LumiÞre de la paix,
et il n'y aura jamais d'autre paix,
jamais de bonheur plus grand dans le monde.
Les guerres,
les crimes,
les mensonges,
la faim,
la soif,
la souffrance,
tout cela s'efface quand cette lumiÞre emplit l'espace.
C'est elle que les hommes veulent voir.