Séminaires en lien avec le projet

 

Présentation des séminaires

 

2006-2007

Autour de l'exposition "Venez prendre l'aire !"

Autres séminaires

 

2005-2006

Journées "Instrumentation mathématique"

Autres séminaires

 

2004-2005

Journée "Méthodes de calcul des ingénieurs"

Journée "Tables numériques"

Autres séminaires

 

2003-2004

Journée "Instruments mécaniques d'intégration"

Journée "Tables numériques"

Journées "Instruments de calcul"

Autres séminaires

Journée « Méthodes de calcul des ingénieurs »

Paris, 1er décembre 2004

(dans le cadre du séminaire d'histoire des mathématiques de l'Institut Henri Poincaré)
 

Présentation

Au-delà des grands noms qui jalonnent l'histoire des mathématiques, les historiens s'intéressent de plus en plus à d'autres personnes et d'autres communautés qui ont exercé une activité mathématique : les amateurs éclairés et les enseignants, les actuaires et les statisticiens, les physiciens et les astronomes, les ingénieurs civils et militaires. Ce qui caractérise les ingénieurs, c'est notamment le fait que leur préoccupation première est, au sein de problèmes appliqués bien réels, la mise au point d'algorithmes effectifs et d'instruments de calcul adaptés. De plus, les recherches récentes montrent qu'il y a toujours eu une interaction fructueuse entre ces mathématiques praticiennes, ces mathématiques de la modélisation et du calcul, et ce qu'on appelle les mathématiques pures, celles qui sont cultivées pour elles-mêmes. Dans le cas français, un certain nombre de travaux ont déjà été réalisés, notamment sur l'École polytechnique et d'autres grandes écoles prestigieuses où l'on a confié régulièrement l'enseignement des mathématiques à des mathématiciens reconnus et où s'est développé un lien constant entre théorie et applications. Les exposés de la journée veulent contribuer à cette approche à travers trois études mettant en scène l'activité mathématique de divers ingénieurs de la période 1850-1950 (sans s'interdire de déborder un peu de chaque côté).
 

Communications

1. Chemins de fer et cartographie : de la stratégie à la statistique, des usages variés

    Georges Ribeill (LATTS, CNRS et école nationale des ponts et chaussées)

2. Des tables aux instruments : Jules Dupuit et le calcul de déblai et de remblai

    Kostas Chatzis (LATTS, CNRS et école nationale des ponts et chaussées)

Résumé. En novembre 1839, l'ingénieur des ponts et chaussées Jules Dupuit (1804-1866) envoie à son patron, le directeur des ponts et chaussées, Alexis Legrand (1791-1848), un instrument de son cru, passé à la postérité sous le nom de « roulette de Dupuit », et grâce auquel on peut obtenir facilement les surfaces de déblai et de remblai qui figurent dans un projet routier. Portée sur cet instrument, notre communication est composée de trois parties : après avoir présenté brièvement l'auteur de l'instrument, nous décrivons ce dernier, son fonctionnement et ses règles d'usage, tels qu'ils sont définis par Dupuit lui-même. La troisième partie de l'exposé, la plus longue, est consacrée à la « carrière administrative » de la roulette de Dupuit. Grâce à une série de lettres échangées par Dupuit avec les responsables hiérarchiques de son corps mais aussi avec un certain nombre de ses collègues, nous essayons de reconstituer le chemin qui va de la conception d'une idée à son opérationnalisation, et, ce faisant, décrire les contextes de production et de diffusion d'un objet technique au sein d'un milieu particulier, l'administration des ponts et chaussée dans les années 1840.

3. Statique graphique et enseignement de la mécanique en France

    Jean-Yves Dupont (Service d'histoire de l'éducation, INRP et CNRS)

Résumé. La Statique est une branche de la Mécanique qui traite de l’équilibre des systèmes de forces. Elle repose sur une représentation mathématique des actions mécaniques associée à des lois de composition, un axiome fondamental (principe propre à la Mécanique) et des méthodes de résolution d’équations. La Statique analytique propose un tel ensemble basé sur des relations algébriques ; la Statique graphique fait de même à partir de constructions géométriques. Ces deux approches sont équivalentes et tout aussi générales, conduisent aux mêmes résultats, et permettent de traiter tous les problèmes d’usage courant chez les ingénieurs (concernant les structures aussi bien que les machines).
L’approche analytique est élaborée au cours du XVIIIe siècle. Bien que des constructions spécifiques de type géométrique aient déjà été utilisées, notamment par Pierre Varignon (1654-1722) et par Gaspard Monge (1746-1818), l’approche graphique n’est constituée en discipline que dans les années 1860, avec Franz Reuleaux (1829-1905) et Carl Culmann (1821-1881). L’usage de la Statique graphique se répand en France à partir des années 1870 dans les bureaux d’études industriels (architecture et génie civil, puis construction mécanique). Malgré quelques réticences académiques, ses principes sont progressivement introduits dans la formation des ingénieurs et des techniciens comme un chapitre à part entière de la Mécanique, bien au-delà des méthodes graphiques utilisées pour des applications particulières. Cet enseignement disparaît des programmes moins d'un siècle plus tard.